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Légendes de Cracovie

Cracovie a inspiré de nombreuses légendes. Celle du dragon Wawel demeure la plus célèbre, on la retrouve assez facilement. En voici quelques autres.



Le prince Krak


La cloche royale

La tête de Wawel

Le pacte du maître Twardowski

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Le Prince Krak

Le Prince Krak passait pour un monarque vertueux et préoccupé par le bonheur de son peuple. La Vistule, fleuve qui entoure la colline de Wawel, était à l'origine de l'abondance des récoltes et du pays, mais pouvait se montrer sous un jour plus menaçant quand il emmenait dans un déluge les biens des habitants. Le premier jour de l'été, ceux-ci venaient des villages voisins pour présenter des offrandes au fleuve, qui pendant cette journée, emmenait au loin, vers l'inconnu, le meilleur bétail, couronné de fleurs, sous un ciel  serein. Ces cérémonies étant terminées, de grands feux étaient allumés sur les rives. Le peuple dansait et chantait au rythme de la musique. De l'hydromel circulait de mains en mains et était également servi aux eaux de la Vistule. Des jeunes femmes y versaient le contenu des coupes de temps à autre. Si l'offrande était acceptée, les vagues venaient s'échouer sur leurs pieds, signe d'une année heureuse.
A minuit, le prince Krak et sa cour s'approchaient de l'eau pour mettre fin aux cérémonies. Il faisait un don à son tour, il s'agissait toujours du bijou le plus précieux de son trésor. A ce moment précis, seules les vagues et les ailes des oiseaux se faisaient entendre. Pour perpétuer la tradition, le plus puissant personnage de Pologne devait s'agenouiller humblement au bord du fleuve et rendre un dernier hommage à ses eaux. En s'appuyant sur son glaive, il jetait, tel un semeur, son don dans la Vistule. Les feux allumés sur les rives pouvaient brièvement se refléter sur le bijou descendant dans les eaux sombres, alors semblable à une étincelle. Ce dernier éclat, avant la disparition complète dans l'obscurité du fleuve, était celui d'une année de paix et de bonheur.

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La cloche royale

Le Roi de Pologne Sigismond Le Vieux rêvait que la cloche de la tour de la cathédrale de Wawel, chante non seulement la gloire de la Pologne mais aussi que son ton s'unisse aux coeurs des Polonais. Le poète de la cour, joueur de luth, savait parfaitement rendre l'amour dans ses chants. Le roi, inspiré par ce qu'il entendait, lui dit quel était son voeu. Le poète l'accompagna à la fonderie pour observer le travail du maître Hans Beham en train de réaliser la cloche dans son atelier. Il jeta un corde de son luth dans le métal liquide. Il donna ainsi au son de la cloche le ton de ses chants d'amour. Il réalisa ainsi le voeu du roi. Les hommes animés de bons sentiments et touchant cette cloche sont certains de voir leurs rêves se réaliser. Elle fut suspendue à la tour de la cathédrale, appelée tour de Sigismond, lors d'une grande cérémonie en 1520.


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La tête de Wawel


Il y a cinq siècles, les maîtres sculpteurs Jan Snycerz et Sebastien Tauerbach réalisèrent des dizaines de têtes de pierre dans les caissons du plafond de la salle des députés du château Wawel.  Contemplant les visiteurs, elles furent donc témoin de nombreux événements historiques. Elles assistèrent à l'accueil des rois étrangers, sessions et conseils du tribunal royal. Sous le règne de Sigismond Auguste, il advint quelque chose d'extraordinaire. L'une des têtes sculptées pris la parole pour défendre une femme accusée injustement.
Un habitant de Cracovie accusait cette femme, une veuve, de lui avoir volé une ceinture brodée d'or et d'argent. Il prétendait lui avoir repris des mains sous l'oeil de nombreux témoins se trouvant sur la place, ce qui devait la faire condamner à la prison. Elle essayait pourtant d'expliquer qu'un voleur avait jeter cet objet à ses pieds quand il vit qu'il était poursuivi, et qu'elle s'en était saisi pour le rendre à son propriétaire, mais cela ne suffisait pas à convaincre le tribunal. Le roi, sur le point de demander depuis son trône le verdict d'un simple mouvement de sceptre, fut interrompu par une voix ferme venant du plafond qui retentit dans toute la salle : " Rex Auguste, iudica juste" c'est à dire '"Roi Auguste, rend la sentence juste". A l'étonnement des gens devant une telle opposition faite au roi, succéda celle de découvrir, lorsque les regards s'élevèrent vers le plafond, qu'une des têtes sculptées remuait encore les lèvres. Dès lors plus personne ne douta de l'innocence de la veuve, qui fut dédommagée de la fausse accusation.
Toutefois, il fut ordonné aux sculpteurs de placer un morceau de bois entre les lèvres de la tête afin qu'elle cesse d'intervenir dans les jugements du roi.
Le tribunal a depuis longtemps disparu du château Wawel, mais la tête sculptée est toujours là.

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Le pacte du Maître Tardowski

Fondée en 1364 par le roi Casimir le Grand, l'Université de Cracovie devint après quelques rénovations par le reine Hedvige et son mai Jagiello l'université Jagellonne. Au XVème siècle, l'Université possédait une importante chaire d'astrologues. On venait des quatre coins du monde pour étudier des sciences secrètes et obscures. Cracovie débordait de spécialistes de magie blanche et magie noire venus du monde entier. Il était également possible d'étudier ces sciences dans des ateliers privés. Le  meilleur d'entre eux était celui de Piotr Twardowski, le plus grand magicien de Pologne. Il reçu un jour la visite d'un de ses collègues allemands et discutèrent très longuement des mystères du monde et de la façon dont ils avaient acquis leurs pouvoirs. Tous deux les avaient acquis en invoquant le diable par une nuit de pleine lune. Après avoir signé de leur sang un contrat avec celui-ci, les forces du mal devaient leur obéir. Ils avaient dû préciser pour chacun d'eux le lieu de leur mort. Le diable s'emparerait alors de leur âme. Twardowski indiqua que le diable l'emmènera lorsqu'il serait à Rome, tout en sachant qu'il n'avait aucune intention d'aller en Italie. Il pensait ainsi pouvoir bénéficier indéfiniment des puissances démoniaques. Ceux-ci lui préparaient cependant un piège.
Twardowski devint célèbre, tout lui souriait, il réalisait ses incroyables tours de magie devant le roi Sigismond Auguste. Le roi souffrait beaucoup de la disparition de sa femme Barbara. Le magicien lui proposa de faire revenir l'âme de la reine de l'au-delà. Ils durent attendre une nuit de pleine et commencèrent la cérémonie.  Twardowski plaça un miroir dans un coin de la chambre de la défunte pour recevoir le reflet de la lune. Il jetait des herbes dans un bassin de métal placé au milieu de la pièce sur un trépied. Des bougies de cire d'abeille étaient allumées sur la table à côté d'épais grimoires. Il prononçait des formules magiques et demanda au roi de ne surtout pas bouger à la vue du fantôme et de garder le silence, car un contact pouvait entraîner la folie ou même la mort. Ses mots magiques, incompréhensibles, résonnaient dans la pièce alors qu'une odeur intense se dégageait des herbes brûlant dans leur bassin. La lune apparût derrière la fenêtre ; une lueur bleue argentée emplit la pièce. Les formules au départ incompréhensibles devinrent mélodieuses. Le roi vit des nuages sortir de la surface du miroir; la silhouette de la reine rn sortit. Elle alla à la fenêtre et se retourna vers son mari. Celui-ci, oubliant la consigne du magicien, sauta de son fauteuil pour courir vers le spectre, qui passa à travers la fenêtre et disparu dans la nuit.
Le diable en ayant assez d'obéir à Twardowski, il chercha un moyen de le faire partir vers Rome, l'endroit désigné pour être celui de la fin de vie du magicien. Il dut ruser.
Un soir, Twardowski, revint des villages de la région où il avait utilisé ses pouvoirs dans un but médical. Il rêvait à cet instant de s'arrêter dans une auberge et curieusement, il en vit une, à ce moment précis. Il entra et s'assit à une table. En relevant la tête, il découvrit qu'il se trouvait devant le diable, qui lui annonça que cette auberge se nommait Rome, et que son heure était donc venue. Les démons se jetèrent sur lui dans un rire triomphal. Ils le tiraient dans tous les sens par ses vêtements et l'emmenèrent par la cheminée vers  le ciel. En altitude, toujours accompagné des démons, il vit en desous de lui  la place du marché de Cracovie. Il entendit aussi  le son de la trompette et montait vers lui. Ce spectacle apaisa l'âme tourmentée du magicien et éleva ses pensées. Les démons perdirent alors tout pouvoir sur son âme. Cependant ses actes de sorcelleries passés ne lui permirent pas de s'élever beaucoup plus haut. Il était condamné à rester entre le Ciel et la Terre pour les déséquilibres qu'il avait provoqués ; il dût rester sur la Lune. De là, par des nuits sans nuage, il peut parfois contempler la ville de Cracovie dans toute sa beauté. Il aperçoit des femmes racontant son histoire à leurs enfants, et ceux-ci lèvent les yeux vers le ciel pour tenter de voir le grand magicien sur la surface de la  lune.

halle aux draps






Le nom de "Cracovie", "Krakow", en polonais, pourrait venir de "krakac" qui signifie croasser. Le corbeau était très populaire en Pologne du Sud aux temps païens. C'était un oiseau protecteur. Un culte lui était alors rendu. Mais il fut interdit et le souvenir de ces temps s'estompa.
Le cri des corbeaux subsiste dans le nom de Cracovie.
Si vous allez en Pologne vous remarquerez qu'ils sont toujours très présents dans les villes.


Corbeau